DALI, DALI-2 ET D4i : QUELLES DIFFÉRENCES POUR PILOTER UN ÉCLAIRAGE ?


La variation de l’éclairage ne consiste plus uniquement à augmenter ou diminuer la puissance des luminaires. Dans les bâtiments tertiaires, les commerces, les musées, les établissements scolaires et l’éclairage extérieur, les installations doivent désormais gérer des groupes, des scénarios, des détecteurs de présence, des capteurs de luminosité et parfois des données de fonctionnement.
DALI est devenu l’un des principaux protocoles utilisés pour répondre à ces besoins. Mais les appellations DALI, DALI‑2 et D4i sont encore régulièrement confondues.
DALI‑2 n’est pas simplement un DALI plus récent, et D4i ne doit pas être considéré comme un « DALI‑3 ». Ces trois appellations correspondent à des niveaux différents de protocole, de certification et de services disponibles.
QUE SIGNIFIE DALI ?
DALI signifie « Digital Addressable Lighting Interface », c’est-à-dire interface numérique adressable pour l’éclairage.
Le protocole est défini par la série de normes internationales IEC 62386. Il permet une communication numérique entre un système de commande et les équipements d’éclairage, notamment les drivers LED.
Contrairement à une commande analogique classique, chaque équipement DALI peut recevoir une adresse. Il devient alors possible de commander individuellement un luminaire, de créer des groupes ou de rappeler des scénarios sans modifier les circuits électriques de puissance.
Une ligne DALI classique peut notamment gérer :
jusqu’à 64 équipements de commande, comme des drivers ;
16 groupes ;
16 scénarios ;
des commandes individuelles ou générales ;
des niveaux de variation mémorisés ;
des retours d’informations sur l’état des équipements.
Le bus DALI utilise une paire de conducteurs de commande en complément de l’alimentation électrique des luminaires. Il nécessite également une alimentation de bus et un contrôleur capables d’envoyer les instructions.
QUELS SONT LES AVANTAGES DU PILOTAGE DALI ?
L’adressage numérique offre davantage de souplesse qu’une installation dans laquelle les luminaires sont uniquement regroupés par circuits électriques.
Un même circuit d’alimentation peut comporter plusieurs luminaires commandés séparément. La constitution des groupes et des scénarios est réalisée pendant la programmation.
Le protocole permet par exemple de créer :
un scénario d’accueil ;
un scénario de travail ;
un scénario de présentation ;
un scénario de nettoyage ;
un fonctionnement réduit en dehors des horaires d’ouverture ;
une variation automatique selon la lumière naturelle ;
une extinction en l’absence d’occupants.
Si l’aménagement d’un espace évolue, les groupes peuvent être reprogrammés sans nécessairement modifier le câblage de puissance.
La communication est également bidirectionnelle. Le système peut interroger certains équipements et obtenir des informations sur leur état, alors qu’une commande analogique traditionnelle fonctionne principalement dans un seul sens.
QUELLE EST LA LIMITE DU DALI DE PREMIÈRE GÉNÉRATION ?
L’appellation DALI désigne aujourd’hui le protocole dans son ensemble, mais elle peut aussi faire référence aux anciens produits DALI version 1.
Cette première génération concernait principalement les appareillages de commande, notamment les ballasts et les drivers. Les contrôleurs, capteurs, boutons et alimentations de bus n’étaient pas tous couverts par un programme de certification commun.
La conformité reposait essentiellement sur les déclarations et les essais réalisés par les fabricants. Deux équipements portant la mention DALI pouvaient donc respecter le protocole tout en rencontrant certaines difficultés d’interopérabilité.
Cette situation explique en grande partie la création du programme DALI‑2.
QUE CHANGE DALI-2 ?
DALI‑2 est un programme de certification développé par la DALI Alliance à partir des versions les plus récentes du protocole et de la norme IEC 62386.
Les procédures d’essai sont plus complètes que pour les anciens produits DALI. Les résultats sont vérifiés dans le cadre du processus de certification de la DALI Alliance.
L’objectif principal est d’améliorer l’interopérabilité entre les équipements de différents fabricants.
DALI‑2 couvre également davantage de composants :
les drivers et autres appareillages de commande ;
les alimentations du bus ;
les contrôleurs d’application ;
les boutons-poussoirs ;
les interrupteurs et commandes rotatives ;
les détecteurs de présence ;
les capteurs de luminosité.
Un projet DALI‑2 peut donc réunir des luminaires, des capteurs et des organes de commande de plusieurs fabricants avec un niveau de compatibilité mieux encadré.
COMMENT RECONNAÎTRE UN PRODUIT DALI-2 CERTIFIÉ ?
La présence de la mention « compatible DALI‑2 » dans une documentation commerciale ne suffit pas nécessairement.
Un produit véritablement certifié doit être répertorié dans la base officielle de la DALI Alliance. La certification s’applique à une référence ou à une famille de produits identifiée.
Pour une prescription, il est donc préférable de demander :
la référence exacte du produit ;
la présence du logo DALI‑2 ;
la confirmation de son inscription dans la base DALI Alliance ;
les parties de la norme IEC 62386 prises en charge ;
la compatibilité avec le contrôleur et les capteurs du projet.
Cette vérification est particulièrement importante lorsque le système associe plusieurs fabricants.
UN DRIVER DALI-2 PEUT-IL FONCTIONNER SUR UNE ANCIENNE INSTALLATION DALI ?
DALI‑2 a été conçu pour assurer une compatibilité avec de nombreux équipements DALI de première génération.
Un driver DALI‑2 peut généralement être intégré à une installation DALI existante. Il faut cependant vérifier l’architecture du système, le contrôleur, l’alimentation du bus et les équipements déjà installés.
La prudence est surtout nécessaire avec les anciens capteurs ou contrôleurs propriétaires. Avant DALI‑2, ces équipements n’étaient pas couverts par le même programme de certification.
Une installation mélangeant plusieurs générations peut fonctionner correctement, mais elle ne bénéficie pas nécessairement de toutes les fonctions et garanties d’interopérabilité offertes par un système entièrement DALI‑2.
QU’EST-CE QUE D4i ?
D4i est une extension du programme DALI‑2 destinée aux luminaires intelligents et connectables.
Tous les drivers et dispositifs de commande certifiés D4i sont également certifiés DALI‑2. L’inverse n’est pas vrai : un produit DALI‑2 n’est pas automatiquement D4i.
D4i ajoute des exigences relatives :
aux données du luminaire ;
aux données énergétiques ;
aux informations de diagnostic ;
à l’alimentation des capteurs ou modules de communication installés sur le luminaire.
Le luminaire ne se contente plus de recevoir des ordres de variation. Il peut devenir une source d’informations pour la maintenance, la gestion énergétique et le suivi du parc installé.
QUELLES DONNÉES PEUT FOURNIR UN DRIVER D4i ?
Les drivers D4i utilisent des espaces de mémoire standardisés afin d’enregistrer et de transmettre différentes catégories d’informations.
Les spécifications principales sont :
Partie 251 : données d’identification du luminaire ;
Partie 252 : données relatives à l’énergie ;
Partie 253 : données de diagnostic et de maintenance.
Selon l’équipement et le système utilisé, ces informations peuvent faciliter le suivi :
de l’identification du luminaire ;
de la consommation énergétique ;
des heures de fonctionnement ;
de certains événements ou défauts ;
de l’état du driver ;
des opérations de maintenance.
Ces données peuvent être consultées localement ou transmises à une plateforme de supervision par l’intermédiaire d’un contrôleur ou d’un module de communication.
D4i PERMET-IL AUTOMATIQUEMENT UNE CONNEXION AU CLOUD ?
Non. Un driver D4i stocke et rend disponibles des données normalisées, mais il ne communique pas automatiquement avec une plateforme distante.
Pour transmettre les informations vers un réseau informatique ou une application, il faut ajouter un dispositif de commande ou une passerelle disposant du protocole de communication nécessaire.
Ce module peut utiliser, selon l’architecture retenue :
un réseau filaire ;
une communication radio ;
une passerelle IP ;
un système de gestion technique du bâtiment ;
une plateforme de supervision d’éclairage extérieur.
D4i prépare donc le luminaire à la collecte et à l’exploitation des données, mais l’architecture de communication doit toujours être définie séparément.
POURQUOI D4i INTÈGRE-T-IL UNE ALIMENTATION DE BUS ?
Un driver D4i doit intégrer une alimentation du bus DALI. Cette disposition facilite l’installation d’un capteur ou d’un dispositif de commande directement dans ou sur le luminaire.
Une alimentation auxiliaire de 24 V peut également être prévue pour les modules présentant des besoins énergétiques plus importants, notamment certains équipements de communication sans fil.
Cette architecture est particulièrement adaptée aux luminaires équipés :
d’un détecteur de présence ;
d’une cellule de luminosité ;
d’une horloge ;
d’un nœud de communication ;
d’un connecteur Zhaga ;
d’un module destiné à une infrastructure de ville intelligente.
Lorsque plusieurs luminaires D4i sont raccordés sur une même ligne DALI, il faut cependant contrôler la puissance totale fournie par les différentes alimentations de bus. Certaines alimentations intégrées peuvent devoir être désactivées pendant la mise en service.
DALI, DALI-2 ET D4i : LA DIFFÉRENCE EN TROIS DÉFINITIONS
DALI : PILOTER
DALI permet d’adresser les équipements, de régler les niveaux de variation, de créer des groupes et de mémoriser des scénarios.
Il reste principalement présent dans les installations existantes et dans certains projets simples.
DALI-2 : PILOTER ET AMÉLIORER L’INTEROPÉRABILITÉ
DALI‑2 renforce les essais et la certification. Il couvre les drivers, mais également les contrôleurs, les alimentations de bus, les boutons et les capteurs.
Il représente aujourd’hui le choix logique pour la majorité des nouveaux projets nécessitant un pilotage DALI.
D4i : PILOTER, COLLECTER ET EXPLOITER DES DONNÉES
D4i ajoute au socle DALI‑2 des fonctions liées aux données du luminaire, à la consommation, au diagnostic et à l’alimentation de dispositifs embarqués.
Il est particulièrement pertinent lorsque le luminaire doit s’intégrer à un bâtiment connecté, à une gestion de parc ou à une infrastructure intelligente.
QUELLE SOLUTION CHOISIR SELON LE PROJET ?
Pour une rénovation comportant déjà une installation DALI, le remplacement progressif par des drivers DALI‑2 peut être envisagé après vérification du système existant.
Pour des bureaux, un établissement scolaire, un commerce, un musée ou un bâtiment tertiaire neuf, DALI‑2 constitue généralement la solution la plus cohérente. Il permet d’associer luminaires, détecteurs, capteurs de luminosité et commandes avec une meilleure maîtrise de l’interopérabilité.
D4i devient pertinent lorsque le projet prévoit :
une remontée des consommations ;
une gestion détaillée du parc de luminaires ;
un suivi des heures de fonctionnement ;
une maintenance préventive ou prédictive ;
des capteurs directement intégrés aux luminaires ;
des modules de communication interchangeables ;
une supervision centralisée ;
une infrastructure d’éclairage extérieur connecté.
Installer du D4i sans prévoir l’exploitation des données peut entraîner un suréquipement inutile. Le choix doit correspondre aux besoins réels du maître d’ouvrage et à sa capacité future à utiliser les informations disponibles.
QUE FAUT-IL PRÉCISER DANS UN CCTP ?
La simple mention « luminaires DALI » est souvent insuffisante pour garantir le résultat attendu.
Un CCTP peut notamment préciser :
le niveau de certification demandé : DALI‑2 ou D4i ;
les références exactes des drivers ;
l’inscription des produits dans la base de la DALI Alliance ;
le nombre de lignes et d’équipements par ligne ;
la fourniture des alimentations du bus ;
les groupes et scénarios attendus ;
les capteurs de présence et de luminosité ;
le contrôleur principal ;
les passerelles vers la gestion technique du bâtiment ;
les données D4i devant réellement être exploitées ;
les responsabilités de programmation et de mise en service ;
la remise du fichier de configuration au maître d’ouvrage ;
les licences logicielles et abonnements éventuels ;
la formation des utilisateurs ;
les modalités de maintenance.
Il est également important de préciser qui fournit, programme et teste l’ensemble du système. Une installation peut comporter des produits techniquement compatibles tout en restant inutilisable si la programmation, les scénarios et la réception fonctionnelle ne sont pas prévus.
L’IMPORTANCE DE LA MISE EN SERVICE
Un système DALI n’est pas terminé lorsque les luminaires sont simplement raccordés.
La mise en service doit comprendre :
l’adressage des équipements ;
l’identification de chaque luminaire ;
la création des groupes ;
la programmation des scènes ;
le réglage des capteurs ;
la définition des temporisations ;
la vérification des niveaux minimum et maximum ;
les essais de fonctionnement ;
la sauvegarde de la configuration ;
la remise des documents au maître d’ouvrage.
Une attention particulière doit être portée au remplacement futur des drivers. Le système doit permettre d’identifier le nouvel équipement, de lui attribuer la bonne adresse et de restaurer ses paramètres.
CONCLUSION
DALI reste le langage de communication utilisé pour piloter individuellement les équipements d’éclairage. DALI‑2 améliore la certification, l’interopérabilité et l’intégration des contrôleurs et des capteurs. D4i complète DALI‑2 avec des données standardisées et des possibilités d’alimentation destinées aux luminaires intelligents.
Pour la majorité des nouveaux bâtiments tertiaires, DALI‑2 constitue aujourd’hui une base solide. D4i doit être choisi lorsque le projet prévoit réellement une gestion des données, une maintenance évoluée ou l’intégration de capteurs et de modules de communication dans les luminaires.
La meilleure solution n’est donc pas systématiquement la plus récente. C’est celle dont l’architecture, la programmation, la maintenance et l’exploitation ont été définies dès la conception du projet.
EN SAVOIR PLUS
Pour approfondir la variation, le choix des drivers et les solutions de pilotage, consultez notre Guide de l’éclairage ainsi que notre article consacré au choix d’un driver LED. Le Centre de Recherche 8‑48 permet également d’identifier des luminaires, drivers et solutions de commande adaptés aux contraintes techniques de chaque projet.




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