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ÉCLAIRAGE DES ERP : QUELLES RÈGLES RESPECTER ?

  • Photo du rédacteur: Christophe THIEBAUD
    Christophe THIEBAUD
  • il y a 5 jours
  • 17 min de lecture


L’éclairage d’un établissement recevant du public ne se limite pas à installer suffisamment de luminaires pour obtenir une pièce lumineuse.

Dans un ERP, l’éclairage doit permettre au public de circuler facilement, de repérer les obstacles, d’utiliser les escaliers, d’identifier les sorties et d’évacuer le bâtiment en cas de défaillance de l’alimentation électrique.

Il doit également répondre aux exigences d’accessibilité pour les personnes handicapées, aux règles de sécurité incendie et, lorsque des salariés travaillent dans les locaux, aux dispositions du Code du travail.

Pour concevoir correctement l’éclairage d’un ERP, il faut donc étudier simultanément :

  • l’éclairage normal ;

  • l’éclairage de sécurité et les BAES ;

  • les niveaux d’éclairement exprimés en lux ;

  • l’accessibilité des cheminements ;

  • la prévention de l’éblouissement ;

  • la signalisation des sorties ;

  • les éventuelles zones de travail ;

  • la maintenance et les contrôles périodiques.

Il n’existe pas une règle d’éclairage identique pour tous les ERP. Les obligations dépendent du type d’activité, de la catégorie de l’établissement, de l’effectif accueilli, de la configuration du bâtiment et de la présence éventuelle de locaux à sommeil.

QU’EST-CE QU’UN ERP ?

Un établissement recevant du public est un bâtiment, un local ou une enceinte dans lequel des personnes extérieures sont admises, gratuitement ou contre paiement.

Cette définition concerne notamment :

  • les commerces ;

  • les restaurants et cafés ;

  • les hôtels ;

  • les établissements scolaires ;

  • les cabinets médicaux ;

  • les établissements de santé ;

  • les salles de spectacle ;

  • les bureaux recevant du public ;

  • les administrations ;

  • les musées ;

  • les équipements sportifs ;

  • les lieux de culte ;

  • les bibliothèques ;

  • les centres commerciaux.

La définition réglementaire figure à l’article R.143-2 du Code de la construction et de l’habitation.

POURQUOI LE TYPE ET LA CATÉGORIE DE L’ERP SONT-ILS IMPORTANTS ?

Avant de définir les luminaires, les niveaux d’éclairement ou le nombre de BAES, il faut connaître le classement de l’établissement.

Chaque ERP est défini par :

  • un type, correspondant à la nature de son activité ;

  • une catégorie, déterminée principalement par son effectif.

Parmi les types les plus courants :

  • type M : magasins de vente et centres commerciaux ;

  • type N : restaurants et débits de boissons ;

  • type O : hôtels et pensions de famille ;

  • type R : établissements d’enseignement et de formation ;

  • type U : établissements sanitaires ;

  • type W : administrations, banques et bureaux ;

  • type X : établissements sportifs couverts ;

  • type Y : musées.

Les catégories sont les suivantes :

Catégorie

Effectif accueilli

1re catégorie

Plus de 1 500 personnes

2e catégorie

De 701 à 1 500 personnes

3e catégorie

De 301 à 700 personnes

4e catégorie

300 personnes ou moins, hors établissements classés en 5e catégorie

5e catégorie

Effectif inférieur au seuil fixé pour chaque type d’activité

Les établissements des quatre premières catégories appartiennent au premier groupe. Les établissements de cinquième catégorie constituent le deuxième groupe.

Cette distinction est essentielle, car les exigences concernant l’éclairage de sécurité ne sont pas exactement les mêmes.

LES QUATRE NIVEAUX DE RÈGLES À PRENDRE EN COMPTE

Pour étudier l’éclairage d’un ERP, il faut croiser quatre ensembles de prescriptions.

1. Le règlement de sécurité incendie des ERP

Le règlement de sécurité approuvé par l’arrêté du 25 juin 1980 distingue :

  • l’éclairage normal ;

  • l’éclairage de sécurité ;

  • éventuellement, l’éclairage de remplacement.

Ses articles EC 1 à EC 15 définissent les principales règles applicables à l’éclairage des ERP des quatre premières catégories.

2. Les règles particulières aux ERP de cinquième catégorie

Les petits établissements ne sont pas dispensés de toute obligation.

Ils relèvent notamment de l’article PE 24, qui prévoit des exigences particulières pour l’installation électrique et l’éclairage de sécurité.

3. Les règles d’accessibilité

L’éclairage doit permettre aux personnes handicapées de se déplacer sans gêne visuelle, d’identifier les changements de niveau, de repérer les équipements et de lire la signalétique.

Ces exigences s’appliquent notamment aux cheminements, circulations, escaliers, parkings et postes d’accueil.

4. Le Code du travail

Lorsqu’un ERP comporte des postes occupés par des salariés, les zones concernées doivent également respecter les exigences d’éclairage des lieux de travail.

Une salle de restaurant, un commerce ou un hôtel doit donc être étudié à la fois comme un lieu recevant du public et comme un espace de travail.

QUELLE DIFFÉRENCE ENTRE ÉCLAIRAGE NORMAL ET ÉCLAIRAGE DE SÉCURITÉ ?

L’éclairage normal

L’éclairage normal fonctionne pendant l’exploitation habituelle de l’établissement.

Il permet :

  • d’accueillir le public ;

  • d’éclairer les espaces ;

  • de réaliser les activités prévues ;

  • de circuler sans danger ;

  • d’identifier les marches, obstacles et changements de niveau ;

  • de lire les informations et la signalétique.

L’éclairage de sécurité

L’éclairage de sécurité prend le relais en cas de défaillance de l’éclairage normal.

Il doit permettre au public de retrouver les sorties, de suivre les cheminements d’évacuation et d’éviter un mouvement de panique.

Pour les ERP relevant des articles EC, son autonomie assignée doit être d’au moins une heure.

L’éclairage de remplacement

L’éclairage de remplacement permet éventuellement de poursuivre tout ou partie de l’activité lorsque l’éclairage normal n’est plus alimenté.

Il ne doit pas être confondu avec l’éclairage de sécurité. Un éclairage de remplacement ne dispense pas automatiquement de prévoir les équipements de sécurité réglementaires.

QUELLES SONT LES RÈGLES POUR L’ÉCLAIRAGE NORMAL D’UN ERP ?

L’article EC 6 du règlement de sécurité impose notamment d’éclairer :

  • les locaux ;

  • les dégagements ;

  • les marches et gradins ;

  • les portes ;

  • les sorties ;

  • les obstacles à la circulation ;

  • les indications de balisage.

Les commandes accessibles au public ne doivent pas permettre de plonger les dégagements dans l’obscurité totale.

Dans un local pouvant recevoir plus de 50 personnes, la défaillance d’un élément de l’installation ne doit pas supprimer intégralement l’éclairage normal du local.

Lorsqu’une gestion centralisée commande l’éclairage, une panne du système de commande doit entraîner ou maintenir le fonctionnement de l’éclairage normal.

Ces principes doivent être intégrés dès la conception des circuits électriques. Il ne suffit donc pas de choisir des luminaires performants : leur alimentation, leur répartition et leur mode de commande participent directement à la sécurité.

COMBIEN DE LUX FAUT-IL DANS UN ERP ?

Il n’existe pas un niveau d’éclairement unique applicable à toutes les pièces d’un ERP.

Les valeurs dépendent de la fonction de l’espace et du texte applicable.

Les niveaux minimaux liés à l’accessibilité

Les dispositions relatives à l’accessibilité prévoient des valeurs minimales d’éclairement moyen horizontal mesurées au sol le long du parcours habituel :

Zone de l’ERP

Éclairement minimal

Cheminement extérieur accessible

20 lux

Parc de stationnement extérieur accessible

20 lux

Parc de stationnement intérieur accessible

20 lux

Poste ou mobilier d’accueil

200 lux

Circulation intérieure horizontale

100 lux

Escalier et équipement mobile

150 lux

Ces valeurs constituent des minimums réglementaires pour l’accessibilité. Elles ne représentent pas nécessairement les niveaux adaptés à l’activité exercée dans chaque local.

Une circulation peut réglementairement nécessiter 100 lux au titre de l’accessibilité, tandis qu’un poste de lecture, une caisse, un bureau, un plan de préparation ou une zone de soins pourra demander un niveau beaucoup plus élevé.

Les niveaux minimaux liés au Code du travail

Lorsque des salariés travaillent dans l’établissement, le Code du travail prévoit notamment les niveaux minimaux suivants :

Zone de travail

Éclairement minimal

Voie de circulation intérieure

40 lux

Escalier ou entrepôt

60 lux

Local de travail, vestiaire ou sanitaire

120 lux

Local aveugle affecté à un travail permanent

200 lux

Zone de circulation extérieure

10 lux

Espace extérieur avec travail permanent

40 lux

Le Code du travail précise également que le niveau d’éclairement doit être adapté à la nature et à la précision du travail réalisé.

Ces valeurs réglementaires ne doivent pas être utilisées comme des objectifs universels de conception. Pour de nombreux postes de travail, les niveaux recommandés par la norme NF EN 12464-1 sont plus élevés.

Dans un bureau consacré à la lecture, à l’écriture et au travail sur écran, une valeur de 500 lux sur la zone de travail constitue par exemple une référence courante de bonne pratique.

UN NOMBRE DE LUX SUFFIT-IL POUR RENDRE UN ERP CONFORME ?

Non.

Une étude limitée au nombre de lux serait incomplète. La qualité de l’éclairage dépend également :

  • de l’uniformité ;

  • de l’éblouissement ;

  • des contrastes de luminance ;

  • du rendu des couleurs ;

  • de la stabilité de la lumière ;

  • du flicker ;

  • de l’implantation des luminaires ;

  • des ombres portées ;

  • de la lisibilité de la signalétique ;

  • de l’entretien de l’installation ;

  • de la lumière naturelle.

Un escalier peut présenter une valeur moyenne suffisante tout en restant dangereux si certaines marches sont dans l’ombre.

Un poste d’accueil peut atteindre 200 lux tout en restant inconfortable si le luminaire crée un éblouissement direct ou un contre-jour.

La réglementation relative à l’accessibilité demande explicitement d’éviter l’éblouissement des personnes, qu’elles soient debout ou assises, ainsi que les reflets gênants sur la signalétique.

QUELLES RÈGLES POUR LES DÉTECTEURS DE PRÉSENCE ?

Les détecteurs de présence peuvent réduire la consommation d’énergie dans les circulations, sanitaires, réserves, parkings et locaux utilisés de manière intermittente.

Ils doivent néanmoins être configurés avec prudence.

Dans les espaces concernés par les règles d’accessibilité :

  • la détection doit couvrir la totalité de la zone ;

  • deux zones de détection successives doivent se chevaucher ;

  • une extinction temporisée doit être progressive ;

  • le système ne doit pas laisser une personne immobile ou lente dans l’obscurité.

Dans les dégagements d’un ERP, les détecteurs et commandes accessibles ne doivent pas permettre une extinction totale compromettant la circulation ou l’évacuation.

QU’EST-CE QU’UN BAES ?

BAES signifie bloc autonome d’éclairage de sécurité.

Le BAES contient sa propre source d’énergie. Lorsqu’une coupure de l’alimentation normale survient, il passe automatiquement en fonctionnement de sécurité.

Il existe principalement deux fonctions.

Le BAES d’évacuation

Il permet de repérer :

  • les sorties ;

  • les issues de secours ;

  • les changements de direction ;

  • les obstacles ;

  • les escaliers ;

  • les cheminements menant vers l’extérieur.

Le BAES d’ambiance ou d’anti-panique

Il maintient un éclairage minimal dans les locaux accueillant un nombre important de personnes afin d’éviter une obscurité totale et de limiter les mouvements de panique.

Dans certains établissements comportant des locaux à sommeil, l’installation peut également nécessiter des blocs autonomes pour habitation, couramment appelés BAEH, en complément des BAES.

DANS QUELS ERP FAUT-IL UN ÉCLAIRAGE D’ÉVACUATION ?

Pour les ERP des quatre premières catégories, l’éclairage d’évacuation s’applique notamment :

  • aux locaux pouvant recevoir au moins 50 personnes ;

  • aux locaux de plus de 300 m² situés au rez-de-chaussée ou en étage ;

  • aux locaux de plus de 100 m² situés en sous-sol.

L’éclairage doit assurer le repérage des sorties, des cheminements, des changements de direction et des obstacles.

Dans les couloirs et dégagements concernés, la distance entre deux foyers lumineux d’évacuation ne doit pas dépasser 15 mètres.

Chaque foyer doit présenter un flux lumineux assigné d’au moins 45 lumens pendant la durée de fonctionnement prévue.

Il ne faut pas confondre cette valeur de 45 lumens avec un niveau de 45 lux. Le lumen mesure le flux émis par la source, tandis que le lux correspond à la lumière reçue sur une surface.

QUAND FAUT-IL UN ÉCLAIRAGE D’AMBIANCE OU D’ANTI-PANIQUE ?

Pour les ERP des quatre premières catégories, l’éclairage d’ambiance ou d’anti-panique est requis dans les locaux ou halls pouvant accueillir :

  • au moins 100 personnes au rez-de-chaussée ou en étage ;

  • au moins 50 personnes en sous-sol.

Cet éclairage doit fournir un flux minimal de 5 lumens par mètre carré de surface pendant sa durée de fonctionnement assignée.

Le rapport entre la distance maximale séparant deux foyers lumineux et leur hauteur au-dessus du sol doit être inférieur ou égal à quatre.

Lorsqu’il est réalisé avec des blocs autonomes, chaque local ou hall concerné doit être éclairé par au moins deux blocs.

QUELLES RÈGLES POUR UN ERP DE CINQUIÈME CATÉGORIE ?

Un ERP de cinquième catégorie n’est pas automatiquement dispensé d’éclairage de sécurité.

L’article PE 24 prévoit un éclairage de sécurité d’évacuation dans :

  • les escaliers ;

  • les circulations horizontales dont la longueur totale dépasse 10 mètres ;

  • les cheminements compliqués ;

  • les salles dont la superficie dépasse 100 m².

Lorsque l’installation utilise des blocs autonomes, ceux-ci doivent respecter les exigences applicables aux BAES.

Des prescriptions supplémentaires s’appliquent aux établissements comportant des locaux à sommeil, notamment certains hôtels ou structures d’hébergement.

Le classement en cinquième catégorie ne suffit donc jamais, à lui seul, pour déterminer l’installation. Le type d’ERP, sa configuration et la présence de locaux à sommeil doivent également être vérifiés.

OÙ INSTALLER LES BAES ?

Le positionnement des BAES doit suivre le cheminement réel d’évacuation.

Ils sont notamment prévus pour rendre visibles :

  • les sorties et issues de secours ;

  • les portes utilisées pour l’évacuation ;

  • les changements de direction ;

  • les intersections de circulations ;

  • les changements de niveau ;

  • les escaliers ;

  • les obstacles ;

  • le balisage réglementaire ;

  • le cheminement jusqu’à l’extérieur.

Dans les dégagements de plus de 15 mètres nécessitant un éclairage d’évacuation par blocs autonomes, au moins deux blocs doivent assurer la fonction.

L’implantation ne doit pas être définie uniquement sur un plan théorique. Elle doit tenir compte des cloisons, du mobilier, des portes, des enseignes, de la hauteur de pose et de la visibilité réelle depuis les espaces occupés.

QUELLE AUTONOMIE POUR LES BAES ?

Dans le cadre général des ERP relevant des articles EC, l’éclairage de sécurité doit disposer d’une autonomie assignée d’au moins une heure.

Cette autonomie permet de maintenir l’éclairage nécessaire pendant l’évacuation et l’intervention des secours.

Certains établissements comportant des locaux à sommeil peuvent faire l’objet d’exigences complémentaires. Il faut alors vérifier les dispositions particulières correspondant au type et à la catégorie de l’établissement.

QUELLES NORMES POUR LES LUMINAIRES ET LES BAES ?

Les luminaires fixes installés dans les ERP concernés doivent être conformes aux normes de la série NF EN 60598 qui leur sont applicables.

Pour les projets concernés par les dispositions introduites en 2024 et applicables aux demandes d’autorisation de travaux déposées à compter du 23 mai 2025, le règlement fait notamment référence :

  • à la norme NF EN IEC 60598-2-22:2022 pour les luminaires d’éclairage de sécurité ;

  • à la norme NF EN 50171:2021 pour les systèmes d’alimentation à source centralisée ;

  • aux normes françaises complémentaires applicables aux blocs autonomes.

Le choix d’un BAES ne doit donc pas être fondé uniquement sur son apparence, son flux ou son prix. Sa conformité, son autonomie, sa fonction, son système de test et son implantation doivent correspondre au projet.

LES LUMINAIRES DÉCORATIFS SONT-ILS AUTORISÉS DANS UN ERP ?

Oui.

Un ERP peut parfaitement intégrer des suspensions, appliques, spots, rails, plafonniers ou luminaires décoratifs.

Ils doivent toutefois être :

  • adaptés à leur environnement ;

  • installés de manière fixe ou suspendus de façon sûre ;

  • compatibles avec les règles électriques ;

  • positionnés sans gêner la circulation ;

  • entretenus correctement ;

  • conformes aux normes applicables.

Les luminaires mobiles constituent normalement un éclairage d’appoint. Ils ne doivent pas remplacer l’éclairage principal nécessaire à la sécurité des circulations et des activités.

FAUT-IL OBLIGATOIREMENT DU 3000 K OU DU 4000 K DANS UN ERP ?

Il n’existe pas de règle générale imposant systématiquement 3000 K ou 4000 K dans tous les ERP.

La température de couleur doit être choisie selon :

  • l’activité ;

  • l’ambiance recherchée ;

  • les horaires d’occupation ;

  • les matériaux ;

  • la lumière naturelle ;

  • les besoins de précision ;

  • le confort des usagers.

Le 3000 K convient souvent aux hôtels, restaurants, espaces d’accueil et boutiques recherchant une ambiance chaleureuse.

Le 4000 K est fréquemment utilisé dans les bureaux, établissements scolaires, locaux médicaux, réserves et espaces fonctionnels.

La température de couleur ne remplace toutefois jamais une étude des niveaux d’éclairement, de l’UGR, de l’IRC, du flicker et de l’uniformité.

L’IRC EST-IL RÉGLEMENTÉ DANS LES ERP ?

Il n’existe pas un IRC unique imposé à tous les ERP.

Le Code du travail demande que les sources assurent un rendu des couleurs adapté à l’activité et qu’elles ne compromettent pas la sécurité des travailleurs.

Un IRC supérieur à 80 constitue une base courante pour de nombreux espaces.

Un IRC supérieur ou égal à 90 est souvent préférable dans :

  • les commerces ;

  • les restaurants ;

  • les hôtels ;

  • les musées ;

  • les établissements de santé ;

  • les espaces dans lesquels les couleurs doivent être distinguées avec précision.

L’UGR EST-IL OBLIGATOIRE DANS UN ERP ?

Il n’existe pas une valeur UGR universelle applicable à tous les ERP.

L’UGR dépend de l’activité et de la configuration du lieu. Les normes d’éclairage des lieux de travail définissent des valeurs de référence selon les tâches visuelles.

Dans un bureau, une salle de classe ou un poste de travail sur écran, la maîtrise de l’éblouissement est particulièrement importante.

Dans un commerce, un restaurant ou un hôtel, il faut également éviter que les spots, suspensions ou luminaires décoratifs soient directement visibles sous un angle inconfortable.

FAUT-IL UNE ÉTUDE D’ÉCLAIRAGE POUR UN ERP ?

Une étude d’éclairage est fortement recommandée dès que le projet comporte :

  • plusieurs types d’espaces ;

  • des postes de travail ;

  • des circulations complexes ;

  • des escaliers ;

  • des plafonds de grande hauteur ;

  • des zones nécessitant une bonne uniformité ;

  • des contraintes d’éblouissement ;

  • un éclairage architectural ;

  • une gestion par détection ou variation ;

  • des exigences d’accessibilité ;

  • un nombre important de luminaires.

L’étude photométrique permet notamment de vérifier :

  • les niveaux de lux ;

  • l’uniformité ;

  • les zones insuffisamment éclairées ;

  • la répartition des faisceaux ;

  • les risques d’éblouissement ;

  • le nombre de luminaires ;

  • leur implantation ;

  • la puissance installée ;

  • les scénarios de fonctionnement.

Elle ne remplace pas l’étude électrique ni la validation réglementaire, mais elle permet d’éviter de nombreux défauts de conception.

COMMENT CONTRÔLER ET ENTRETENIR LES BAES ?

L’exploitant doit s’assurer périodiquement du bon fonctionnement de l’éclairage de sécurité.

Les contrôles prévus comprennent notamment :

Une fois par mois

  • le passage en fonctionnement de sécurité lors d’une défaillance de l’alimentation normale ;

  • l’allumage des sources ;

  • le fonctionnement de la commande de mise au repos ;

  • le retour automatique à l’état de veille après rétablissement de l’alimentation normale.

Une fois tous les six mois

  • la vérification d’une autonomie d’au moins une heure.

Les blocs équipés d’un système automatique de test intégré, appelé SATI, peuvent automatiser une partie de ces vérifications.

Les contrôles, anomalies et opérations d’entretien doivent être consignés dans le registre de sécurité.

Un BAES présent au plafond mais déchargé, masqué ou défectueux ne remplit plus sa fonction.

QUELLES RÈGLES POUR L’ÉCLAIRAGE EXTÉRIEUR D’UN ERP ?

Les cheminements accessibles et les stationnements doivent respecter les niveaux d’éclairement prévus pour l’accessibilité.

L’éclairage extérieur est également concerné par la réglementation sur les nuisances lumineuses.

Selon la catégorie d’installation, il peut être nécessaire de respecter :

  • des horaires d’allumage et d’extinction ;

  • une limitation de la lumière émise vers le ciel ;

  • une température de couleur maximale ;

  • une limitation du flux lumineux ;

  • une orientation précise des luminaires ;

  • la protection des logements, milieux naturels et cours d’eau voisins.

Pour les parcs de stationnement extérieurs couverts par l’arrêté du 27 décembre 2018, la température de couleur est notamment limitée à 3000 K.

L’éclairage extérieur doit donc concilier accessibilité, sécurité des déplacements, sobriété énergétique et prévention de la pollution lumineuse.

LES ERREURS FRÉQUENTES DANS L’ÉCLAIRAGE D’UN ERP

Se contenter d’un niveau moyen de lux

Une moyenne correcte peut masquer des zones sombres, des marches mal éclairées ou une mauvaise uniformité.

Confondre lumen et lux

Le lumen mesure le flux émis par une source. Le lux mesure la lumière reçue par une surface.

Oublier les règles d’accessibilité

Les cheminements, escaliers, parkings et postes d’accueil sont soumis à des niveaux spécifiques.

Installer des détecteurs laissant certaines zones dans l’obscurité

La couverture doit être complète et les zones successives doivent se chevaucher.

Positionner les BAES uniquement en fonction de l’esthétique

Le balisage doit rester visible depuis les cheminements réellement empruntés.

Utiliser un seul circuit dans un grand local

Dans certains locaux pouvant recevoir plus de 50 personnes, la défaillance d’un élément ne doit pas entraîner la disparition totale de l’éclairage normal.

Négliger la maintenance

Les batteries, sources, voyants et commandes doivent être contrôlés régulièrement.

Considérer que le classement en cinquième catégorie supprime les obligations

Les escaliers, circulations longues ou complexes et salles de plus de 100 m² peuvent nécessiter un éclairage d’évacuation.

Choisir uniquement en fonction de la puissance des luminaires

La puissance électrique ne renseigne pas directement sur le flux, la photométrie, l’uniformité ou le confort visuel.

LA MÉTHODE RECOMMANDÉE POUR ÉTUDIER UN ERP

Étape 1 : identifier le classement

Déterminer le type, la catégorie, l’effectif, les niveaux, les sous-sols et la présence éventuelle de locaux à sommeil.

Étape 2 : identifier les usages

Lister les espaces ouverts au public, les postes de travail, les circulations, les escaliers, les accueils, les sanitaires, les réserves et les zones extérieures.

Étape 3 : définir les exigences

Croiser les règles de sécurité incendie, d’accessibilité, du Code du travail et les recommandations normatives correspondant aux activités.

Étape 4 : réaliser l’étude photométrique

Vérifier les lux, l’uniformité, l’UGR, les contrastes et l’implantation des luminaires.

Étape 5 : concevoir l’éclairage de sécurité

Définir les BAES d’évacuation, les blocs d’ambiance ou d’anti-panique, les éventuels BAEH et les sources centralisées.

Étape 6 : vérifier les commandes

Sécuriser les circuits, détecteurs, temporisations, scénarios de variation et commandes accessibles au public.

Étape 7 : prévoir la maintenance

Rendre les équipements accessibles, identifier les références et organiser les contrôles périodiques.

Étape 8 : faire valider le projet

La conformité finale doit être vérifiée par les intervenants compétents du projet : bureau d’études, installateur, contrôleur technique et, selon le dossier, commission de sécurité.

QUESTIONS FRÉQUENTES SUR L’ÉCLAIRAGE DES ERP

Un commerce est-il un ERP ?

Oui. Un magasin recevant des clients est généralement un ERP de type M. Sa catégorie dépend de l’effectif admis et de la configuration du bâtiment.

Un cabinet médical est-il un ERP ?

Oui, lorsqu’il reçoit des patients. Il peut également comporter des postes de travail soumis aux dispositions du Code du travail.

Un restaurant doit-il avoir des BAES ?

Le besoin dépend de son classement, de son effectif et de sa configuration. Les circulations, escaliers, sorties et grandes salles doivent être étudiés conformément aux dispositions applicables.

Un petit commerce de cinquième catégorie doit-il avoir un BAES ?

Cela dépend de sa configuration. Les escaliers, les circulations de plus de 10 mètres ou complexes et les salles de plus de 100 m² sont notamment concernées par l’article PE 24.

Quelle est l’autonomie réglementaire d’un BAES ?

Dans le cadre général des ERP relevant des articles EC, l’autonomie assignée est d’au moins une heure.

Quelle distance faut-il entre deux BAES d’évacuation ?

Dans les couloirs et dégagements concernés, les foyers lumineux ne doivent pas être espacés de plus de 15 mètres.

Combien de lux faut-il dans un couloir d’ERP ?

Les règles d’accessibilité prévoient au moins 100 lux dans les circulations intérieures horizontales accessibles.

Combien de lux faut-il dans un escalier d’ERP ?

Les règles d’accessibilité prévoient au moins 150 lux pour chaque escalier et équipement mobile.

Combien de lux faut-il à l’accueil ?

Le niveau minimal prévu au droit d’un poste ou mobilier d’accueil est de 200 lux.

Combien de lux faut-il dans un parking d’ERP ?

Pour l’accessibilité, les parcs de stationnement intérieurs et extérieurs accessibles sont associés à un minimum de 20 lux sur le parcours concerné.

Le 4000 K est-il obligatoire dans un ERP ?

Non. La réglementation générale n’impose pas systématiquement le 4000 K. La température de couleur est choisie selon l’activité et l’ambiance.

Peut-on installer du 3000 K dans un ERP ?

Oui. Le 3000 K convient notamment aux hôtels, restaurants, commerces et espaces d’accueil, sous réserve que les autres critères d’éclairage soient respectés.

Un luminaire décoratif peut-il remplacer un BAES ?

Non. Un luminaire décoratif ne remplace un équipement de sécurité que s’il appartient à un système spécifiquement conçu, alimenté et certifié pour cette fonction.

Peut-on masquer un BAES dans le plafond ?

Son intégration esthétique est possible, mais sa visibilité, sa photométrie, son accessibilité et sa conformité doivent être conservées.

Les détecteurs de présence sont-ils autorisés ?

Oui, mais ils doivent couvrir toute la zone, respecter les règles d’accessibilité et ne pas provoquer une obscurité dangereuse.

Les BAES doivent-ils être vérifiés ?

Oui. Leur fonctionnement doit être contrôlé régulièrement, avec une vérification mensuelle et un contrôle de l’autonomie au moins tous les six mois.

Qu’est-ce qu’un bloc SATI ?

Un bloc SATI intègre un système automatique de test permettant de contrôler périodiquement son fonctionnement et son autonomie.

Une étude photométrique est-elle obligatoire ?

Elle n’est pas systématiquement imposée sous cette appellation pour chaque petit projet, mais elle constitue le moyen le plus fiable de vérifier les niveaux d’éclairement et l’uniformité.

La norme NF EN 12464-1 remplace-t-elle la réglementation ERP ?

Non. Elle complète la démarche en définissant des exigences de qualité et de performance pour les lieux de travail intérieurs. Elle ne remplace ni le règlement de sécurité incendie ni les règles d’accessibilité.

Qui est responsable de la conformité de l’éclairage d’un ERP ?

La responsabilité est répartie entre les acteurs concernés selon la nature du projet : maître d’ouvrage, propriétaire, exploitant, concepteur, bureau d’études et installateur. La validation doit être réalisée dans le cadre réglementaire applicable au projet.

L’ACCOMPAGNEMENT 8-48 POUR L’ÉCLAIRAGE DES ERP

8-48 accompagne les architectes, bureaux d’études, économistes, maîtres d’ouvrage et installateurs dans la recherche et la prescription de luminaires adaptés aux ERP.

L’analyse peut notamment porter sur :

  • les niveaux d’éclairement ;

  • la photométrie ;

  • l’uniformité ;

  • le confort visuel ;

  • l’IRC ;

  • l’UGR ;

  • la température de couleur ;

  • les optiques ;

  • la variation ;

  • la recherche de luminaires ;

  • les équivalences et produits de substitution.

La prescription lumière complète l’étude réglementaire en recherchant un équilibre entre sécurité, usage, architecture, qualité de lumière et performance énergétique.


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Cet article présente une synthèse générale des principales règles d’éclairage applicables aux ERP. Il ne remplace pas l’analyse réglementaire propre à chaque établissement ni la validation des intervenants compétents.


SOURCES OFFICIELLES


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